8. Prise en charge kinésithérapique des enfants paralysés cérébraux

Auteur : BETIANA Stonio

Adresse : Rééducation fonctionnelle CHUJRB-Antananarivo

 

Introduction

La paralysie cérébrale est la séquelle d’une atteinte cérébrale précoce. Elle engendre un retard du développement psychomoteur chez l’enfant. La prise en charge est longue et peut être coûteuse.

Cette étude a pour objectif d’évaluer les résultats de la rééducation d’enfants et adolescents paralysés cérébraux.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective descriptive sur 20 enfants et adolescents  paralysés cérébraux, âgés de 3 à 16 ans, bénéficiant de deux séances de kinésithérapie par semaine depuis le mois de décembre 2013.

Nous avons utilisé la Mesure d’Indépendance Fonctionnelle de l’enfant (MIF mômes) comme outil d’évaluation, avec les bilans d’intégrités - déficiences et les bilans de capacités - incapacités, avec une cotation allant de 1 à 7, à savoir de la dépendance complète nécessitant une aide totale à l’indépendance complète sans aucune aide.

Nos méthodes de traitement sont basées sur des postures d’inhibition, ou des postures en étirement pour lutter contre les rétractions musculaires et les spasticités, les mobilisations pour prévenir les déformations articulaires, les exercices de transfert, les différentes installations, la stimulation des mouvements ou la proprioception. Nous y intégrons une guidance  parentale afin que les parents s’impliquent dans la prise en charge de leurs enfants.

Résultats

Parmi ces 20 enfants, nous avons 13 quadriplégiques, 5 diplégiques, 1 hémiplégique et 1 monoplégique gauche. Après une première évaluation, nous avons constaté que 16 enfants  ne peuvent pas se déplacer, ni contrôler leurs sphincters, 18 ont de mauvaises postures à l’installation, 14 présentent des troubles de la préhension, 15 nécessitent un matériel d’installation et/ou une aide à la marche.

A la suite de la prise en charge, nous avons remarqué assez vite une bonne amélioration chez deux enfants présentant des diplégies et hypertonies simples, avec une cotation passée de 3 à 5 concernant le contrôle des sphincters, la communication et l’installation. Pour les autres enfants, il nous faut encore plus de temps et de travail,  surtout concernant  l’implication des parents à domicile pour  répéter la rééducation plusieurs fois dans la journée.

Discussion

La maladie de Little est la forme qui profite assez vite de la rééducation, d’où l’intérêt d’un dépistage et d’une prise en charge précoce. La forme spastique quadriplégique prédomine dans notre série conformément aux données de la littérature (plus de 50% des cas) ; forme plus invalidante, elle nécessite une prise en charge plus longue. Nous avons besoin de plus de recul pour évaluer l’impact sur l’acquisition de la station debout et de la marche.

Conclusion

Une kinésithérapie précoce et structurée permet de donner les meilleures chances d’un développement de l’amélioration de la vie quotidienne des enfants paralysés cérébraux. Mais l’implication des parents pour la poursuite et la répétition des exercices à domicile est un facteur très important pour avoir des résultats tangibles. Pour une prise en charge à long terme, il faut prendre en compte la communication, l’information et l’éducation  de l’entourage familial.

 

Mots clés : kinésithérapie précoce, paralysie cérébrale.

Date de dernière mise à jour : 23/03/2014

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